Archives mensuelles : juin 2016

Killing fields et Kampong Chnang

Ce week-end fut plutôt chargé, je n’ai pas trop eu le temps de me reposer.

Vendredi soir, on est allé avec plusieurs copines à un bar qui s’appelle le Cloud, et qui faisait une soirée craft beer, et comme la bière au Cambodge n’est vraiment pas très bonne, et que j’aime beaucoup la bière, je me suis dit que ça serait sympa d’aller voir. J’en ai profité pour revoir certaines de mes colocs et d’autres copines, c’était vraiment sympa.

Samedi matin, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai décidé d’aller aux Killing Fields, aussi appelés Choeung Ek, c’est en fait là où se trouver le camp d’extermination lié à la prison S21 de Phnom Penh. C’est assez impressionnant parce qu’en fait il n’y a plus rien, les Khmers rouges ont tenté de tout détruire et cacher en partant du coup tous les bâtiments, enfin le peu qu’il y avait, ont été brûlés. Par contre on voit encore les délimitations des fosses, des morceaux de vêtements pris dans le sol, et des os, et c’est loin d’être le plus dur à voir. En plus du fait que l’endroit est extrêmement grand, que l’on discerne des fosses très très profondes, et surtout que l’on lit et que l’on voit toute la violence. Je ne vais pas trop en parler plus longtemps, je vais juste dire que pour illustrer la violence de l’endroit, il y a un arbre, à côté duquel on a retrouvé une fosse remplie de cadavre de femme et d’enfants, enfants qui avaient été assassinés en leur fracassant le crâne sur l’arbre à côté de la fausse dont je parlais tout à l’heure. Voilà. Donc j’avais déjà été totalement traumatisée par Auschwitz, et bien c’est le même genre d’enfer. J’avais prévu d’aller au S21, le « musée » qui en fait est l’ancienne « prison » dans laquelle on torturait à peu près tout le monde. Du coup, vu ce que j’avais déjà vu, je me suis dit que bon, ça allait pour la journée.

J’ai ensuite rejoint une copine et après avoir mangé indien, on est parti faire les boutiques pour acheter des souvenirs et se promener un peu. On est rentré en fin d’après-midi et j’en ai profité pour continuer à travailler sur mon mémoire de stage qui est presque terminé, heureusement ! On est ensuite allé dîner à Mama Wong, un resto pas très loin de chez nous, que l’on aime bien, puis on est rentré pas trop tard puisque dimanche on avait prévu de partir en excursion.

Dimanche matin on s’est levées vers 7h30 pour partir à 8h direction de base Udong, après avoir fait une pause petit déjeuner, on s’est concerté et on a finalement décidé d’aller à Kampong Chnang, qui est un village de potier, avec un petit village flottant et une campagne très verte avec rizières et palmiers à sucre. On a mangé avec vu sur la rivière, et ensuite on a fait une balade en bateau pour aller voir ce fameux petit village. C’était vraiment chouette. On est rentré et.. On a filé au bar sportif pour aller voir le match France Ireland, bah oui quand même !

Ce week-end est passé très vite, et j’ai fait plein de choses. Des photos très vite, sur Facebook.

Kampong Cham

Ce week-end on a décidé d’aller visiter la province de Kampong Cham.

On est donc parti samedi matin, vers 7h, et après 2h30 – 3h de route nous sommes arrivés à Kampong Cham. C’est en fait une province du Cambodge, avec une petite ville à l’architecture coloniale, avec des temples plutôt sympas. On a d’abord visité Phnom Srey puis Wat Nokor. Il y a en fait deux Phnom (colline), et la légende veut qu’un enfant plus ou moins abandonné par sa mère soit revenu en ville et l’ai demandé en mariage (sans savoir que c’était sa mère, bien évidemment). Du coup, pour éviter de devoir se marier avec son fils, elle lui lance un défi: en une nuit construire la colline la plus haute possible. Pour gagner, la mère a allumé un grand feu, et son fils croyant que le soleil se levant a arrêté de travailler et a donc perdu et ne s’est pas marié avec sa mère. Voilà pour la petite histoire.

On est ensuite allé s’installer le long du Mékong, avec vu sur LE pont en bambou. Tous les ans est reconstruit un pont en Bamboo puis relier une petite île qui est au milieu du Mékong. Le pont est quand même assez solide puisqu’on y a vu passer des motos, une calèche et surtout une voiture. On est ensuite allé manger dans un restaurant pas trop mal, sur le presque bord du Mékong, puis on a fait une grande promenade dans la ville et au marché. Il y avait beaucoup de vêtements au marché puisqu’il y a beaucoup d’usines de vêtements à Kampong Cham. Ensuite, on est reparti, et en chemin on s’est arrêté au marché des araignées et insectes grillés, mais on a pas trop osé goûter, ce n’était vraiment pas ragoûtant. Une fois à la maison, on s’est préparé pour sortir!

Dimanche matin, on est allé bruncher, comme d’habitude. Cette fois, on est allé sur Riverside dans un restaurant qui s’appelle La Croisette. J’ai ensuite travaillé une grande partie de l’après-midi, au Blue Pumpkin et sur la terrasse à la maison. Je suis plutôt contente, j’avance bien sur mon mémoire/rapport de stage et je pense que je vais pouvoir le rendre à peu près dans les temps.

J’ai aussi pris mes billets de retour pour la France, je vais donc décoller le 4 juillet de Phnom Penh, et atterrir le 5 juillet à Paris.

Mémoire, mémoire, mémoire et repos

Ce week-end je ne suis quasiment pas sortie, j’ai juste travaillé car mon mémoire est à rendre le 30 juin, on est actuellement le 15 juin, ça fait donc 15 jours, et je n’ai pas du tout finis. Je suis allé bruncher avec anciennes colocs samedi matin dans un endroit super sympa qui s’appelle Doors, dans une ambiance street-art/usine que vraiment j’adore. J’ai ensuite travaillé tout le samedi, et tout le dimanche. Je suis juste sortie pour allé acheter du pain chez Eric Kaysier et du chocolat.

Petit rappel:

Pour la cagnote qui vame permettre de voyager quand je retournerais en Lettonie, vous pouvez cliquer sur Zach Galifianakis, alias Alan dans Very Bad Trip, pour m’aider un petit peu. Merci! 🙂

Tonle Bati, Phnom Chisor et mémoire

Ce week-end fut constructif et fatigant! Vendredi soir je ne me suis pas couchée trop tard, car le lendemain je me levais tôt. Samedi matin, on est donc parti à 7h du matin, parce que le chemin jusqu’à Phnom Chisor est assez fatigant et en plein soleil donc on ne voulait pas le faire en plein cagnard. On est arrivé vers 9h, un peu avant à Phnom Chisor. C’est en fait un site, en haut d’une colline (Phnom = colline), avec principalement un temple pré angkorien et surtout une vue magnifique sur toute la campagne autour! On est ensuite allé à Tonle Bati, qui est aussi un temple dans la campagne, avec à côté un temple bien plus récent, mais surtout, le site est situé juste à côté d’un grand Lac, le Tonle Bati, et l’on a donc mangé sur le lac dans des paillotes en pailles, c’était vraiment très sympa, même si la nourriture était vraiment bof.

Ensuite on est rentré à Phnom Penh, on a dû arriver vers 16h30 je pense, et il a fallu que je me prépare parce que le soir même on faisait la soirée d’anniversaire de ma copine Majda au karaoké. Comme je déménageais le dimanche, j’ai fait au maximum mes sacs pour ne rien avoir à faire dimanche matin, j’en ai profité pour les peser et j’ai découvert qu’en fait ça allait très bien en termes de kilos. J’ai pris une douche, fais mon sac à linge sale, parce que je lave mon linge chez mes copines, et j’ai filé rejoindre mes copines au restaurant à côté de chez elle. On a mangé à The Boat qui est, je crois, un restaurant thaï vraiment pas mal, et ensuite on repassé chez elle pour attendre tout le monde et on a filé au karaoké. C’était la première fois que je faisais une soirée à karaoké à Phnom Penh, et bien j’aurais dû en faire plus tôt! C’était super drôle, super sympa avec une super ambiance.

Le dimanche matin, je n’avais pas mis de réveil, pour une fois, mais je ne me suis pas réveillée si tard que ça. J’ai fini de faire mes sacs et j’ai rejoint quelques copines pour aller bruncher à Farm to Table. J’ai été assez déçue parce que mes oeufs Bénédicte étaient en fait des oeufs avec de la vinaigrette et des champignons pas bon, mais sinon les autres plats étaient plutôt tops et surtout ce n’est vraiment pas cher. On a du passer peut-être 2-3h là-bas tranquillement et puis après j’ai filé au Joma café pour travailler parce que je dois quand même rendre une sorte de mémoire de stage à la fin de mon stage et il faudrait quand même que je commence sérieusement à m’en occuper. On a finalement mangé au Joma, et c’était plutôt top.

Comme je n’ai plus de maison, il était prévu que j’habite au Mini Banana, la guesthouse à côté de chez moi, j’y ai donc dormi dimanche soir, mais il va falloir que j’aille habiter chez mes copines pour la semaine parce qu’ils sont pleins à cause d’un groupe jusqu’au 11 juin. Petite information, je ne suis pas SDF, j’ai juste choisi de laisser ma coloc parce que ma chambre est compliquée à louer, et surtout tous mes colocs sont partis fin avril et du coup j’ai des nouveaux colocs avec qui j’ai peu d’affinités. Et puis surtout comme je ne sais toujours pas comment va s’articuler mon programme jusqu’à mon retour en France dont je ne connais toujours pas la date, je préfère pouvoir faire ce que je veux sans devoir payer un loyer pour rien comme ça a été le cas quand je suis partie au Vietnam et en Thaïlande.

Le Cambodge: une société matriarcale?

Il y a eu jeudi dernier à Impact Hub, l’Open Space dans lequel je travaille, une conférence où des femmes : “women of impact”, venaient raconter leur expérience. À la suite de ça j’ai trouvé intéressant de parler un peu de quelque chose qui me trotte depuis quelque temps déjà dans la tête: la place de femme dans les sociétés en Asie du Sud-Est.

Depuis que je suis arrivée au Cambodge, et surtout depuis que je voyage dans et autour du Cambodge, je trouve de plus en plus que les sociétés de l’Asie du Sud-Est (principalement quand même le Cambodge et le Vietnam) sont des sociétés qui mettent les femmes très en avant et qui en fait reposent sur les femmes totalement (autrement dit des sociétés matriarcales). Grâce au musée de la femme, que j’ai visité à Hanoi au Vietnam, et en assistant à plusieurs conférences par mon bureau, Impact Hub, j’ai aussi appris qu’historiquement ses sociétés sont des sociétés matriarcales. Et là où c’est intéressant, c’est qu’avec l’industrialisation, de nombreux pays d’Asie du Sud-Est se sont tournés vers une économie capitaliste certes, mais ont surtout copiés le modèle occidental américano-européen, qui sont issus de sociétés historiquement patriarcale, même si elles tentent aujourd’hui à devenir égalitaires.

Vous me direz, oui et quel est le rapport au quotidien? Et bien ça se ressent. Pas forcément dans le comportement des gens, je ne dis pas du tout qu’au Cambodge il n’y a pas autant de sexisme, de machisme et de harcèlement envers les femmes. Je pense que c’est à peu près équivalent à la différence que ce n’est pas exprimé de la même façon, du fait des différences culturelles. Ce que je dis c’est qu’au Cambodge les femmes prennent beaucoup plus d’initiatives, elles ont beaucoup plus l’esprit d’entrepreneur et elles sont aussi plus responsables, dans le sens où quand elles commencent un projet elles mettent tout en oeuvre pour que ce projet réussisse. C’est même encore plus poussé au Vietnam, où en tout cas c’est plus facilement remarquable, car des femmes ont été récompensées pendant leurs actions décisives pendant la guerre.

Voilà, je trouvais ça intéressant de partager ce point vu, j’essaye le plus possible de rester objective quand je compare les cultures et les peuples, donc je pense pouvoir dire que ce que je pense devrait être assez proche de la vérité.

Je conclurais en disant que le Cambodge m’a probablement rendu féministe, dans le sens où il m’a permis de réaliser toutes les choses absolument sexistes qui se passaient en France ou plus généralement dans les pays occidentalisés, je pense notamment à mon expérience aux États-Unis. Au Cambodge le sexisme et le harcèlement est plus présents dans la rue, principalement car les gens ne sont pas ou très peu éduqués. Mais dès que l’on rencontre des Cambodgiens qui sont allés à l’école, qui ont été éduqués, ils respectent les femmes et jamais il ne leur viendrait à l’esprit de faire preuve de machisme et plus généralement de descendre, mépriser ou ne pas accorder d’appartance à quelqu’un ou à son projet, car c’est une femme. Pour eux ce genre de pratiques machistes sont pour l’armée. Ici les femmes travaillent sur les chantiers, les hommes travaillent à l’usine. Il reste toujours des emplois plus pour les femmes et d’autres plus pour les hommes, même si principalement on voit plutôt des emplois réservés pour les femmes. C’est le cas notamment de tout ce qui est lié aux soins du corps (massages, scrubs, etc.). Par contre, pour la cuisine, les vendeurs, la réceptionniste, tous ces emplois sont mixtes.

Je trouve ça intéressant de voir l’influence que peut avoir la constitution, le fonctionnement historique et les événements auxquels a été confrontée une société sur la société qu’elle est devenue.